L'Histoire et l'origine de la galerie Beauté Chinoise | Spécialiste en antiquités asiatiques à Paris

Victoria Hougron

Née en 1941, castillane d'origine, elle rencontre puis épouse le romancier Jean Hougron, auteur de la " Nuit Indochinoise ". L'intérêt de celui-ci pour le monde asiatique, dont il a tiré plusieurs romans, déteint sur elle et elle se passionne pour les antiquités chinoises à la fin des années 1960. Elle partage alors son temps entre son métier de libraire, la carrière de son époux écrivain et les visites assidues des musées dédiés aux arts asiatiques.
En 2003, elle réalise enfin un rêve et ouvre une galerie d'arts asiatiques aux Puces de Saint-Ouen qu'elle nomme " Beauté chinoise " en souvenir et en hommage au dernier roman de Jean Hougron.

Voici ce qu'elle dit des arts d'Extrême-Orient:

« J'ai eu beaucoup de mal à apprendre l'art chinois et japonais et encore maintenant je considère que je suis toujours à l'école de ces passions. Une vie n'y suffira pas. Autrefois, je passais mon temps dans les musées et les marchands ne me donnaient que des bribes de connaissances. Je rêvais déjà de passer de l'autre côté de la barrière et je m'étais fait le serment d'apporter ma touche personnelle: l'enthousiasme, la droiture et le partage du savoir. Comme j'ai été libraire, le métier d'antiquaire m'a semblé tout naturel. A force de côtoyer des objets, de tâtonner, de m'interroger, j'ai développé un flair assez sûr qui me trompe rarement: cela me permet aujourd'hui de pouvoir dire que je vends les objets pour ce qu'ils sont, ce qui dans le commerce des arts asiatiques est un atout de taille! »

Alexandre Hougron

Né en 1966, il fait des études littéraires et artistiques jalonnées par une Agrégation de Lettres Classiques, un Doctorat de Cinéma et l'école Normale Supérieure de la rue d'Ulm. Il quitte une carrière d'enseignant déjà bien avancée pour rejoindre sa mère Victoria dans le métier des antiquités asiatiques peu après la création de la galerie " Beauté chinoise ". A côté de la porcelaine, qui demeure la spécialité de la galerie, il développe les secteurs consacrés aux autres médiums de l'art asiatique: le jade et les pierres dures, les métaux, le bois, les laques, l'ivoire, les textiles, la peinture.

Voici comment il commente cet engagement:

« Je n'ai pas éprouvé trop de difficulté à passer de l'enseignement et de la recherche au monde des antiquités. J'ai été bercé toute ma jeunesse par l'Asie et ses mythologies. En revanche, mon passé m'a donné l'envie de ne pas pratiquer ce métier comme tout le monde, car j'ai étudié de manière approfondie les liens entre la société et cet art de la modernité qu'est le cinéma.

A mon sens, vendre un objet n'a en soi que peu d'intérêt si celui-ci n'est pas d'abord relié dans l'esprit de celui qui le vend et surtout de celui qui l'achète à une histoire et à une culture. Mais cela ne suffit pas: dans cet environnement humain et artistique dont il est le produit, il faut encore que cet objet - vrai paradoxe! - soit unique et remarquable. C'est un double défi!

Quand nous conseillons une œuvre d'art, nous vendons donc autant une antiquité qui réunit valeur marchande, qualités esthétiques et signification historique que le choix, la sélection très personnelle dont elle a fait, en prime, l'objet dans nos yeux. Entre plusieurs autres œuvres de même époque, nous aimons proposer à la vente celle que nous avons retenue pour sa qualité d'exécution, l'originalité de son décor, sa taille hors du commun, ou au contraire son caractère parfaitement canonique.

" A thing of beauty is a joy for ever " * écrivait John Keats. Ce sublime qui est présent dans les arts d'Extrême-Orient ne se trouve pas plus facilement que dans les autres arts. Il faut écarter beaucoup d'objets courants avant de dégager la pépite devant laquelle on pourra dire: " là, un artiste a emprisonné quelque chose d'unique, un fragment de la beauté vraie ".

Ce type d'objet, il est inutile d'en posséder beaucoup: parfois un seul peut suffire à vous régaler les yeux et donner une joie quotidienne. C'est ce genre de pièce qui vaut la peine d'être collectionnée - et pour nous vendue - , et pour la trouver, il ne faut pas avoir peur d'aller loin et de dépenser son énergie.

Les arts asiatiques anciens sont victimes de nombreuses spéculations et aussi d'effets de modes, parfois pernicieux. Seule une toute petite partie de ces arts est aujourd'hui portée au pinacle et nous essayons de guider nos clients en les ouvrant aussi à des catégories d'objets qui, pour être moins au goût du jour, sont prometteurs et dignes d'intérêt. Le marché de l'art est fait de cycles: ce qui aujourd'hui est moins aimé sera peut-être demain porté aux nues.

En fait, autant que l'objet lui-même, son ancienneté, son authenticité, sa rareté, c'est notre goût et notre regard qui font, pour finir, sa valeur. Nous estimons donc avoir réussi quand nous parvenons à faire partager à nos clients notre plaisir face à une antiquité asiatique. »

* « Une belle chose procure un éternel plaisir »